Thomas LE ROY

Evêque de DOL



THOMAS II (Thomas Le Roy, ou Le Roi, Régis)
Evêque (non agréé) (1522) : "D'or à deux fleurs de lys rangées d'azur". Nommé à Dol en 1522 par le pape Adrien VI. Mais le roi François 1er refusa d'agréer cette nomination comme contraire au concordat de 1516 qui lui réservait les nominations épiscopales. Contraint de rester le plus souvent à Rome, Thomas y mourut le 21 octobre 1524 à 56 ans.


Dans son ouvrage "Histoire Ecclésiastique de Nantes", l'abbé Travers parle de "L'Hydre aux 14 ou 15 têtes' à propos de ce prélat chargé de bénéfices scandaleux.

THOMAS LEROY naquit à Tréhel, en Messac. De Raoul Le Roy et de Marie de CAZILLON ; protégé par la reine Anne de Bretagne et par les rois Charles VIII, Louis XII et François 1er, il devint l'un des personnages les plus importants de Rome, où il fut nommé procureur des Lettres apostoliques, abréviateur des archives de la Cour romaine, clerc du collège des cardinaux, etc. ; il était en même temps richement pourvu de bénéfices en Bretagne : doyen ou recteur de huit paroisses, il était encore chefcier de la
collégiale de Notre-dame à Nantes, trésorier du Chapitre de Rennes, archidiacre de Plougasnou et chanoine des Églises de Rennes, Nantes, Saint-Malo et Quimper.
A la mort de Mathurin de Plédran, le Pape nomma Thomas Le Roy évêque de Dol (1522) ; mais le roi François 1er prétendit que cette nomination était contraire au Concordat qu'il venait de conclure avec le Saint-siège et refusa de reconnaître le nouveau prélat. Ce prince aimait cependant personnellement Thomas Le Roy, auquel il accorda, la même année, des lettres de noblesse avec ces armoiries : d'or à deux fleurs de lys d'azur mises en fasce. L'évêque élu de Dol fut forcé de rester à Rome, où il mourut le 21 octobre 1524,avant d'avoir été sacré. Suivant ses ordres, son corps fut inhumé dans l'église française de la Trinité du Mont, à Rome, où l'on ne retrouve plus son tombeau, et son coeur fut apporté à Nantes, dans la superbe chapelle qu'il avait fait construire en l'honneur de saint Thomas dans l'église collégiale de Notre-Dame. " Une tombe de cuivre gravée, placée sous le marchepied de l'autel, représentait dans cette chapelle Thomas Le Roy, la mitre en tête, revêtu des ornements sacerdotaux, les mains jointes sur la poitrine, le bras droit soutenant une croix au lieu d'une crosse. Au haut, deux anges supportaient l'écusson de ses armes timbré d'une croix.
Deux colonnes, style renaissance, sur les bases desquelles se voyait le même écusson timbré d'une crosse, formaient les côtés de la niche dans laquelle était couché le prélat ; autour on lisait l'inscription suivante :
"
HIC JACET COR REVERENDI IN CHRISTO PATRIS DOMINI THOMAS REGIS, DOLENSIS ELECTI, CAMERE APOSTOLICAE CLERICI, LITTERARUM APOSTOLICARUM ABBREVIATORIS AC SCRIPTORIS, HUJUS BASILICE CAPICERI NECNON REQUESTARUM CONSILII BRITANNIE MAGISTRI, QUI ROME FATIS CONCESSIT XXI MENSIS OCTOBRIS DIE , ANNO DOMINI MDXXIV, CUJUS ANIMA IN PACE REQUIESCAT. AMEN. "
Après la mort de Thomas Le Roy, la querelle continua entre le Pape et le roi de France, et Clément VII nomma à l'évêché de Dol Jean de Staphileo ; mais le Chapitre de Dol ne voulut pas plus reconnaître ce prélat que le roi ne voulut l'agréer, et le siège de Dol demeura par suite vacant pendant quatre années.